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A l’attention de Monsieur Alexis Brézet
Directeur de la rédaction du « Figaro »
Monsieur le Directeur,

Dans le Figaro du vendredi 13 mars 2015, figure en page 18 une importante interview du professeur Jean Tulard par votre journaliste Marie-Amélie Lombard-latune à l’occasion de la remise du prix des Hussards à Sylvain Tesson pour son livre « Berezina ».
A la question : « c’est après cet épisode que Napoléon, alerté d’une tentative de coup d’état à Paris et de rumeurs sur sa mort, décide de rentrer d’urgence à Paris. N’a-t-il pas de remords de laisser ses hommes en si fâcheuse posture ? »
Tulard répond : « Non, c’ est la guerre. Il doit rentrer, lever à nouveau une armée ce qu’il parvient à faire dés 1813, en quelque semaines. Pas d’états d‘âme. Il laisse le commandement à Murat, qui désertera plus tard. »

Je tiens à vous faire part de ma stupeur, de ma révolte de voir traiter Murat de déserteur… C’est totalement faux. Et scandaleux. Et cela est profondément choquant pour ma Famille. Murat a dû quitter l’armée devant rejoindre Naples, comme Napoléon l’avait fait avant lui pour Paris. De plus, il était malade. Il remet donc son commandement à Eugène de Beauharnais, comme Napoléon le lui avait remis à lui-même.

Rien de choquant. C’est un départ. En aucun cas une désertion.

« Le départ de Murat ne pouvait surprendre l’Empereur…le souverain de Naples avait prévenu Napoléon de son désir de regagner l’Italie »

comme l’écrit Jean Tulard dans son remarquable livre sur Murat qui fait autorité. Il n’y est jamais fait état de désertion, mais de départ. Je suis donc très étonné de voir l’expression de « désertion » dans cette interview de Jean Tulard alors qu’il n’en est jamais question dans son livre si brillant.

C’est inacceptable. D’autant plus que Murat sera avec l’armée française en octobre 1813 le héros de la terrible bataille de Leipzig, puis soutiendra vaillamment Napoléon pendant les Cent Jours…

Le « Paladin » comme l’appella Napoléon, « l’idole de l’armée », « le dieu de la cavalerie » pour ses hommes, qui sauva la bataille d’Aboukir, sauva le 18 brumaire, commanda l’aile gauche de la grand armée à Auterlitz, qui fut le vainqueur d’Iena, d’Eylau, de Borodino…qui modernisa le royaume de Naples,

« le roi des braves et le plus brave des rois »

comme le décrivit Garibaldi, le pionnier de l’Unité Italienne…ne fut en aucun cas un déserteur. C’est une insulte intolérable,une insulte à l’ Histoire.
Dans un souci de justice, de vérité,vous voudrez bien reproduire ma lettre.

Vous en remerciant par avance, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à l’expression de mes sentiments les plus sincères .

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